Quand je dis l’Église, j’entends l’Église institutionnelle composée des prêtres, évêques, cardinaux et du pape, pas l’Église des fidèles chrétiens et catholiques.
Cette Église a en effet créé un concept qui lui est bien utile dans le cadre de la pédocriminalité des prêtres : c’est « la grâce de la dispense de l’état clérical ». Cette grâce ne peut être donnée que par le pape. Elle lui permet de réduire à l’état laïc un prêtre accusé d’abus sexuel, et pour lequel un procès canonique est en cours d’instruction ; de cette manière il est mis fin au procès canonique, et donc il n’y a plus ni criminel, ni crime, seule la victime continue d’exister, ce dont l’église n’a cure.
Surtout ne croyez pas que ce stratagème est utilisé de manière exceptionnelle. Entre 2012 et 2020, il s’est ouvert 6 600 procès canoniques pour des prêtres pédocriminels ayant abusé de mineurs ; pendant la même période, ce stratagème a été utilisé 1100 fois.
Ceci est à rapprocher du grand principe fermement émis par nos deux derniers papes : Tolérance zéro.
Ce que je vous dis n’est ni un canular ni une fake news. Cela ressort de l’article de la journaliste italienne Federica Tourn que vous trouverez ici, et sa traduction par google ici.
Federica Tourn et Giorgio Meletti sont deux journalistes italiens connus, que l’on trouve facilement sur Internet.
Mgr Jordi Bertomeu Farnós est responsable du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et professeur à l’Université pontificale grégorienne de Rome. Il a récemment écrit un article justifiant ce stratagème dans la revue Vademecum numéro 157 que vous trouverez ici, et dont je vous mets ci dessous le résumé en français.
Résumé : Le n° 157 du récent *Vademecum* met en évidence la pratique établie de la CDF consistant à offrir à l’accusé la possibilité de demander une dispense des obligations cléricales, y compris le célibat. Malgré les objections de certains canonistes concernant une éventuelle violation du principe *iustitiam restituere*, cette pratique témoigne de l’originalité de l’ordre juridique canonique. Bien qu’elle interrompe les investigations ou la procédure en cours sans aboutir à une conclusion sur la culpabilité ou l’innocence de l’accusé, la transmission de cette demande de grâce au Saint-Père est légitime au regard de la protection de divers biens juridiques dans les cas de *delicta graviora* et de la prévalence du principe du *bonum commune* au sein de l’Église.
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