260210 – À Thierry Dobbelstein, provincial des jésuites – Retour sur la journée mémorielle du 7 février à Bruxelles


Collèges, Courriers / mardi, février 10th, 2026

Mon frère

je voudrais d’abord vous remercier d’avoir organisé cette journée mémorielle du 7 février à Bruxelles . J’ai vécu certains moments émouvants, notamment avec ce très bon film. J’ai eu aussi l’occasion de d’échanger avec 6 jésuites avec qui j’ai déjeuné . S’il vous plaît recommencez la même chose à Franklin comme vous l’aviez prévu, alors qu’il semble que vous y avez renoncé.

Cependant j’ai été très frustré que l’organisation de cette table ronde ne permette qu’à 4 victimes triées sur le volet de s’exprimer, car je crois que moi-même, et sûrement d’autres victimes, avons aussi des choses importantes à dire .

J’ai aussi entendu la déception du directeur du collège de Bruxelles de n’avoir eu que 25 réponses sur 10 000 lettres d’appels à témoignages. J’en suis moi aussi étonné, puisque en 2010, j’avais envoyé 1 000 courriels demandant à mes anciens camarades « vous aussi , avez-vous été victime de Gilbert Lamande ? » J’avais reçu 60 réponses, dont 10 qui se déclaraient victimes. Le ratio est très différent et je pense qu’il est lié à 2 éléments :

Le premier est que vous ne citez les noms que de 3 agresseurs sur les 6 qui sont connus à Bruxelles ; personnellement j’avais donné d’entrée de jeu et sans aucun état d’âme, le nom de Gilbert Lamande

Le deuxième est qu’il semble que ce soit le provincial qui se soit adressé aux victimes potentielles. J’ai été très frappé un jour de conseiller à une victime qui m’avait appelé , de contacter votre cellule d’écoute . Avec beaucoup de virulence il m’avait dit « tu es fou Jean-Pierre, on ne dénonce pas un agresseur à ses complices »

cordialement

Jean-Pierre Martin-Vallas

PS: depuis bientôt de 15 ans, je me bats contre l’omerta des jésuites, et de l’église catholique . Mon moyen de lutte est de rendre public nos échanges, que vous trouverez sur mon site : ( faire Ctrl + clic du gauche) covijes.org


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2 réponses à « 260210 – À Thierry Dobbelstein, provincial des jésuites – Retour sur la journée mémorielle du 7 février à Bruxelles »

  1. Bonjour,
    Je ne comprends pas la réticence des jésuites ?
    Reconnaître un risque, en tirer des solutions et permettre de libérer la parole des victimes, sont, pourtant, des éléments qui ont fait leurs preuves.
    Nier les faits et les taire favorisent la pérennité des violences faites aux victimes. Ces silences sont, de mon point de vue, une validation des actes de violences sexuelles faites aux enfants vulnérables.
    Mieux vaut se tromper et faire une enquête que de nier la parole des victimes. C’est une deuxième peine pour les victimes. Quelle empathie et quel message porte l’église et la communauté des jésuites pour se protéger au détriment des enfants ?

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