Les Rayons et les Ombres, réalisé par Xavier Giannoli – Sortie en salles le 18 mars prochain.
Le film retrace l’histoire de Jean Luchaire, fondateur du journal Les Nouveaux Temps, patron de presse collaborationniste, et de sa fille Corinne, actrice française, pris dans l’engrenage de la collaboration durant l’Occupation.
Jean Dujardin y incarne le rôle de cet homme ambitieux et mondain qui va peu à peu sympathiser avec les membres du Troisième Reich. L’actrice Nastya Golubeva y incarne sa fille.
Condamné à mort, à la dégradation nationale et à la confiscation de ses biens, le 23 janvier 1946 par la Haute Cour de justice de la Seine, Jean Luchaire est fusillé le 22 février 1946 au fort de Châtillon. Quelques mois plus tard, sa fille Corinne est condamnée à dix ans d’indignité nationale. Elle meurt le 22 janvier 1950 de la tuberculose.
C’est Louis Mouren, jésuite, aumônier à la prison de Fresnes, qui, l’avant-veille de l’ouverture de son procès, le 19 janvier 1946, convertit Jean Luchaire, le baptise, le marie religieusement ; et, le 22 février 1946, l’accompagne au poteau d’exécution. Apostolat de la mort rempli parfois avec perversité, comme en témoigne Lucien Rebatet, écrivain-journaliste collaborationniste – condamné à mort en 1946, puis gracié -, qui décrit comment le jésuite opérait pour tenter d’arracher et brandir comme un trophée, la conversion des mécréants notoires promis au poteau :
“Mais le vrai directeur de nos âmes était le P. Mouren, beau jésuite de quarante ans. […] Pour moi, on lui avait dit que j’étais assez nerveux, ce qui est vrai, et que je n’envisageais pas très sérieusement mon exécution. Il avait donc entrepris de me nourrir des images de la mort. Il entrait chez moi vers neuf heures du soir, m’entretenait longuement de « ses fusillés » […] me décrivait avec la plus grande complaisance les crânes ouverts, les yeux arrachés, les poitrines défoncées où l’on pouvait mettre les deux poings, les corps coupés en deux par les mitraillettes. Quand il me quittait, le sang et la matière cervicale éclaboussaient mes murs, vingt cadavres jonchaient mon plancher. Je trouvais simplement le procédé naïf et un peu choquant. Le P. Mouren a volontiers raconté par la suite que si j’avais dû aller au poteau, il m’aurait eu « in extremis ». Je lui en ai beaucoup voulu, car c’est un des rares chapitres sur lesquels je sois très pointilleux, et je l’avais reçu fort amicalement dans ma tanière.” (Lucien Rebatet, Les Mémoires d’un fasciste, 1941 à 1947, Jean-Jacques Pauvert, Paris, 1976, p. 137).
Louis Mouren, décédé le 8 février 1985, m’a agressé sexuellement, entre 1967 et 1971. (Quand le diable a revêtu l’habit – De la lumière à l’ombre / De l’ombre à la lumière – sous la direction de Michèle Faÿ et Claire Horeau, Édition Karthala, Paris, mai 2024.
PLUS JAMAIS ÇA !


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