Francesc Peris définitivement exclu de la Compagnie de Jésus


Bolivie, Espagne, Mis en cause / mercredi, octobre 7th, 2026

La Compagnie de Jésus a annoncé le lundi 5 octobre 2026 l’expulsion définitive de Francesc Peris de l’état clérical. Reconnu coupable d’agressions sexuels sur au moins 22 mineurs en Espagne et en Bolivie entre 1974 et 2005, l’ancien prêtre de 84 ans écope de la sanction canonique maximale, prononcée par le Supérieur Général Arturo Sosa.

Un verdict canonique maximal face à l’impunité civile

L’enquête canonique, lancée à la suite de révélations journalistiques majeures menées par le quotidien El País, est désormais close. Le décret signé par le père Arturo Sosa retire définitivement à Francesc Peris ses droits, obligations et fonctions ecclésiastiques. Il lui est dorénavant interdit de célébrer la messe ou d’agir en tant que prêtre.

Cette décision intervient alors que la justice civile espagnole a classé l’affaire au début de l’année 2026, déclarant les faits juridiquement prescrits malgré la gravité des accusations. Le verdict de l’Église demeure donc la seule sanction officielle opposée à l’ancien enseignant.

« La Compagnie de Jésus informe de la conclusion du processus canonique suivi contre Francesc Josep Peris Boixeda pour abus sexuels commis contre des mineurs. En conséquence de la gravité des faits prouvés dans ce processus, le Supérieur Général de la Compagnie de Jésus, le P. Arturo Sosa SJ, a décrété l’expulsion de Peris de l’état clerical et de la Compagnie de Jésus. » *

Résidence sous haute surveillance jésuite

Bien qu’il ne fasse plus partie de l’ordre, Francesc Peris ne sera pas livré à lui-même dans l’espace public. Un accord institutionnel a été conclu pour qu’il demeure dans une communauté de l’ordre sous un régime de supervision et de surveillance constante.

Cette mesure vise à garantir la sécurité publique grâce à des restrictions très strictes :

  • Interdiction totale de contact avec des mineurs ou des adultes vulnérables.
  • Privation de liberté de mouvement : interdiction de quitter la résidence sans autorisation expresse.
  • Isolement étendu : interdiction stricte de contacter les victimes ou de recevoir des visites non approuvées.

La Compagnie de Jésus insiste sur le fait que ce logement surveillé ne constitue pas un privilège, mais répond à une obligation de contrôle d’un profil jugé dangereux.

« […] la Compagnie de Jésus lui a proposé de signer un accord – qu’il a accepté – qui régule les conditions dans lesquelles, n’étant plus ni jésuite ni prêtre, il pourra résider dans une communauté jésuite. L’accord inclut des règles de conduite et une série d’interdictions (entre autres : ne pas avoir le moindre contact avec des mineurs ou des adultes en situation de vulnérabilité, ne pas sortir ou s’absenter de la maison sans permission expresse, ne pas se mettre en contact avec une quelconque victime, ne pas recevoir de visites sans permission expresse…) que Francesc Peris doit respecter de manière scrupuleuse. » *

« Erreurs graves » : Le mea culpa de la Compagnie de Jésus

La congrégation admet avoir commis des « erreurs graves » dans sa gestion passée des signalements, pointant du doigt un manque d’écoute et de protection historique des victimes. L’ordre affirme assumer pleinement sa responsabilité morale et institutionnelle.

« La Compagnie regrette profondément le mal causé et assume sa responsabilité morale et institutionnelle pour ses erreurs du passé. En même temps, la Compagnie témoigne sa reconnaissance aux victimes pour avoir eu la vaillance et le courage de dénoncer les abus subis, ce qui a contribué à la manifestation de la vérité. » *

La clause sur les réparations financières

La Compagnie de Jésus précise explicitement que l’expulsion ne l’exonère pas de ses obligations financières futures envers les victimes :

« La conclusion des procédures canoniques n’éteint pas son implication dans ces situations qui n’auraient jamais dû se produire. En cohérence, [la Compagnie] continue d’intensifier son engagement pour faire en sorte que les victimes occupent une place centrale dans sa réponse ; et de promouvoir la recherche de la vérité, de la justice, de la réparation […]. » *


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